2023.
Dans le plus grand secret, lors d’un transfert clandestin, un convoi transportant des technologies de pointe, des substances chimiques instables et des matières radioactives est intercepté par la plus haute organisation criminelle. L’attaque dégénère rapidement et provoque une explosion dévastatrice, dont les conséquences contaminent durablement toute la zone et laissent derrière elles un territoire marqué et instable.
Face à l’ampleur du désastre, l’État réagit avec une froideur implacable. Une purge des organisations criminelles est lancée, la plus haute organisation est démantelé, et l’ensemble de l’affaire est étouffé et classé secret défense. Dans la foulée, le Gouvernement nationalise l’ensemble des entreprises de San Andreas, écarte leurs dirigeants et entreprend de reconstruire l’image de la région à travers des campagnes touristiques massives et des événements soigneusement orchestrés, donnant l’illusion d’un retour à la normalité.
Mais sous cette surface maîtrisée, quelque chose subsiste.
Une silhouette émerge progressivement de l’ombre.
On l’appelle La Sentinelle, sans que personne ne sache réellement d’où elle vient ni ce qu’elle cherche. Instable et insaisissable, elle ne perçoit pas l’illégal comme une simple transgression, mais comme un révélateur, le seul capable de dévoiler la véritable nature d’un système profondément corrompu. Là où d’autres voient le chaos, elle voit une vérité à exposer.
Ni ennemie, ni sauveuse, la Sentinelle évolue en marge de tout, observant, manipulant et influençant les équilibres sans jamais s’y attacher. Elle agit dans les failles, là où le contrôle échoue, et réécrit les règles d’un monde qu’elle ne reconnaît plus, mais qu’elle refuse de laisser intact.
2026.
Lorsque les premières créatures filmées aux abords de Humane Labs commencent à envahir les écrans, tout bascule. Les images circulent trop vite, trop largement pour être contenues et ce qui n’était jusqu’ici qu’une rumeur prend soudain une forme tangible. Au même moment, La Sentinelle comprend qu’elle n’est pas une anomalie isolée, mais le produit d’un système bien plus vaste : elle aussi a été façonnée par Humane Labs.
Le Gouvernement tente alors de reproduire ce qu’il maîtrise le mieux : étouffer, nier, contrôler. Encore une fois. Mais cette fois, la réalité échappe à toute tentative de dissimulation. C’est trop visible, trop concret, trop profondément ancré dans le réel pour être effacé.
Car ce qui rôde désormais dans les rues ne ressemble plus à des humains… et ne se comporte plus comme tel.
Avant même qu’un communiqué officiel ne soit rédigé, avant même que les autorités ne trouvent les mots pour encadrer la situation, la panique s’empare de Los Santos. Une peur brute, incontrôlable, qui se propage bien plus vite que n’importe quelle version officielle.
L'ordre tombe : neutralisation immédiate.
Les affrontements dégénèrent. Ce qui devait rester discret devient incontrôlable. Ce qui devait être chirurgical devient carnage — car ces créatures ne sont plus humaines. Issues des expériences clandestines de Humane Labs, leur nature a été fracturée, réécrite au-delà du compréhensible. Ils manifestent des capacités surnaturelles que rien dans les manuels militaires ne prévoyait.
La décision est prise dans l'urgence, sans débat, sans vote : un Mur sera érigé.
En quelques semaines, les chantiers surgissent de terre. Les checkpoints d'abord. Puis les barrières. Puis le béton. Une cicatrice grise et verticale s'étire à travers San Andreas, tranchant les routes, les quartiers, les familles.
Certains ont le temps d'évacuer. D'autres pas. On leur dit que c'est temporaire. On leur dit de ne pas s'inquiéter. On ne leur dit pas qu'ils ont été classés non-essentiels dans un tableur gouvernemental.
Ceux qui étaient là avant que la première pierre ne soit posée, avant que San Andreas ne soit découpée en deux, se font appeler les Originels. Un nom qui ne se revendique pas — il s'impose. Ils étaient là avant le Mur, avant les checkpoints. Ce nom porte quelque chose de plus que de l'ancienneté : une supériorité tranquille.
Il y a ceux que le Gouvernement appelle Abominations dans ses rapports classifiés — un mot qui indique toute la peur qu'ils inspirent, et rien de la responsabilité de ceux qui les ont créés. Mais Altérés, est le nom que le monde finit par retenir : pas tout à fait un jugement, pas tout à fait une description. Juste le constat qu'ils ont été altérés — arrachés à leur humanité.
Et puis il y a ceux que le Mur n'a pas su classer. Ni assez monstrueux pour appartenir au Nord, ni assez présentables pour être acceptés au Sud. On ne les a pas oubliés par accident — on a simplement décidé qu'ils ne comptaient pas. Eux ont refusé de se soumettre à cette sentence. Ils se font appeler les Dissidents. Rejetés des deux côtés du Mur, ils apprennent à survivre entre les lignes — passeurs, contrebandiers, mercenaires, vendant leurs services à quiconque peut payer.
Trois factions.
Trois manières de survivre dans un monde qui s’est brisé sans prévenir.
Le Mur ne protège pas.
Il décide qui domine, qui dérange, qui doit disparaître.
Le Mur n'est pas une solution.
C'est une déclaration de guerre.